L’intolérance au gluten : une maladie qui s’apprivoise

Appelée fréquemment maladie cœliaque, l’intolérance au gluten n’a été mise en évidence que dans les années 50, grâce à la corrélation entre ingestion de certaines céréales et effets symptomatiques induits par cette assimilation. La conséquence de cette réaction intolérante au gluten : l’atrophie de la paroi du tube digestif, pouvant déboucher sur des complications plus ou moins graves. Heureusement, cette maladie n’est pas une fatalité puisqu’en respectant certaines règles alimentaires, il est tout à fait possible de la maîtriser.

Qu’est-ce que le gluten ?

Beaucoup de céréales contiennent du gluten, en proportion variable selon la variété. Cette substance est composée de protéines solubles (dans l’eau ou dans l’alcool) : les gluténines (non toxiques pour les intolérants au gluten) et les prolamines, des protéines de réserve toxiques pour les malades cœliaques. Ces dernières sont présentes dans toutes les céréales, mais leurs molécules ont des propriétés différentes selon l’essence végétale, c’est pourquoi elles portent des noms différents : gliadines pour le blé, sécalines pour le seigle, avénines pour l’avoine et hordéines pour l’orge.

L’intolérance et ses mécanismes

La maladie cœliaque est considérée comme une perturbation immunologique de la muqueuse de l’intestin grêle (ou petit intestin). Celle-ci s’enflamme lorsqu’elle est en présence de gluten (réaction auto-immune du patient atteint de cette pathologie), alors que ses villosités devraient normalement réguler l’absorption de cette substance nutritive. Cette malabsorption alimentaire, due à l’absence ou l’inactivité de l’enzyme en charge de la digestion du gluten, n’est pas sans conséquence, les premières réactions de l’organisme à cette agression étant l’irritation et l’atrophie de la paroi intestinale.

Facteurs de prédisposition

Seules les personnes prédisposées génétiquement développent cette maladie, mais celle-ci ne se déclenche pas forcément pendant la petite enfance, puisqu’elle peut survenir à tout âge (y compris chez les seniors). Outre cette prédisposition, il semblerait que certains facteurs environnementaux soient susceptibles d’enclencher la phase active de la maladie cœliaque, comme les situations de stress ou les infections virales… L’introduction précoce du gluten dans l’alimentation du nourrisson est considéré également comme un facteur déclenchant (le lait maternel étant un facteur protecteur).

L’apparition des symptômes

Si l’intolérance au gluten peut apparaître à n’importe quel moment de la vie, deux pics ont cependant été observés. Le premier a lieu juste après l’introduction de cette substance dans l’alimentation du nourrisson, c’est-à-dire entre ses six mois et ses deux ans. Le second intervient souvent entre la vingtaine et la quarantaine, à la suite d’un événement marquant dans la vie du patient. L’adolescence quant à elle est plutôt considérée comme une période de latence pour la maladie… même si cette intolérance au gluten reste toujours présente.

Poser un diagnostic

Les premiers symptômes sont souvent des diarrhées chroniques accompagnées d’un amaigrissement significatif (ainsi que d’un retard de croissance chez l’enfant). D’autres réactions symptomatiques peuvent également apparaître, comme une puberté tardive, des douleurs articulaires ou des crampes musculaires, une irrégularité menstruelle… leur intensité et leur nombre pouvant varier selon les personnes. L’intolérance au gluten n’est pas une maladie bénigne : son diagnostic (biopsie si présence d’anticorps spécifiques) est donc indispensable, afin de permettre au patient d’en enrayer les effets.

Les complications envisageables

On ne guérit pas de la maladie cœliaque, mais on peut vivre avec sans souci, à condition de suivre un régime strict sans gluten… et à vie (car il n’existe, à l’heure actuelle, aucun traitement médicamenteux). Une intolérance au gluten non prise en charge peut avoir de graves répercussions sur la santé, de la malnutrition (en raison de la mauvaise absorption des nutriments) jusqu’à l’adénocarcinome de l’intestin grêle, c’est pourquoi il est indispensable de la diagnostiquer.

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